Salah Al-Hamdani :

« Rebâtir les jours »

Note de lecture par Michel Baglin, 

2014

 

 

 

 

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Opposant à Saddam Hussein, jeté en prison et torturé comme tel, Salah Al-Hamdani a choisi pour s’exiler en 1975 le pays d’Albert Camus, qu’il admirait. C’est dire si ce poète, romancier, nouvelliste et homme de théâtre qui vit en France depuis, est un passeur de culture entre les rives de la Méditerranée, ainsi que le souligne son éditeur Bruno Doucey, chez qui il a publié trois recueils. « Si Bagdad m’a fait naître / la France m’a fait homme » affirme aussi ce poète d’ouverture et de paix, comme en témoigne cet autre livre, « Sables », écrit en collaboration avec la poétesse israélienne Marlena Braester (voir ici )

 

« Quoi que je fasse, il y a l’exil », répète l’expatrié. Et ce mot-là, en effet, hante toutes les pages, même quand il n’est pas prononcé. « L’exil est ma patrie », affirme-t-il encore. Il écrit « adossé à la mémoire de l’Euphrate », évoque les paysages d’Irak, la « saison de sel », en n’oubliant jamais « Bagdad piétinée ». Une blessure ne se referme pas, le souvenir de « la mère restée dans la guerre ».

 

Mais le poète est tout aussi concerné par l’avenir et tourné vers ceux qui se battent en le voulant meilleur, comme l’annonce le titre du recueil : « Révoltez-vous, camarades ! / Ne comblez pas votre vide aujourd’hui / avec l’idéologie désuète de vos aïeux ! » Exhorte-il. Voilà ce qu’il se propose, au moment où les rues du Maghreb s’enflamment : « Écrire pour l’homme arabe en révolte / et dénoncer le ciel des croyants / verrouillé comme une tombe ».

 

L’engagement n’empêche pas la mélancolie de s’insinuer parfois dans ces pages :

« Le voilier de l’enfance est resté dans la guerre

Et le matin

Éternellement assis

Sur le rivage de la nuit »

 

Car cette poésie lyrique est aussi un chant d’humanité et de vie, un chant d’espoir, celui des hommes debout, car « le vieillissement épargne / celui qui garde le secret / de la désobéissance ». 

 

                      Note de lecture par Michel Baglin

 

Michel Baglin

 

Le destin ressemble à ces nuits entières

oubliées dans l’encrier... Salah Al Hamdani

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