Note de Bernard Langlois

Politis du 19, le vendredi 27 octobre 2006

http://www.politis.fr/article1852.html

 

http://www.i-editions.com/catalogue/livres/?id=36

 

"Le retour à Bagdad"

(Roman – Récits) de Salah Al Hamdani, traduit de l'arabe (Irak) par l'auteur avec Isabelle Lagny. Editions le Point sur les i, Paris, 2006.

 

Les Américains ne sachant plus comment sortir du merdier où ils se sont fourrés en Irak, paraît qu’ils cherchent à mettre en place un dictateur ! Il y en avait un, qui faisait fort bien l’affaire : pourquoi ne pas le remettre en selle ?

Je blague, il n’y a vraiment pas de quoi. Tiens, un beau livre, pour me faire pardonner : celui de Salah Al Hamdani, poète, écrivain, comédien, opposant à Saddam, emprisonné, torturé, exilé en France depuis 1975. C’est un récit à la première personne où il raconte, avec une sensibilité extrême et un vrai bonheur d’écriture, son Retour à Bagdad, après trente ans d’exil, et au bout d’un périple risqué à travers la Syrie. Il n’est pas revenu pour rester : il a désormais sa vie en France. Il s’est juste donné trente jours - un jour pour chaque année d’absence - pour revoir sa mère, ses frères, ses copains et les lieux de son enfance. C’est court, nerveux et beau à pleurer. Note de Bernard Langlois

 

Le Cimetière des oiseaux, Bagdad, mon amour, de Salah Al Hamdani. Traduit de l’arabe par l’auteur avec Isabelle Lagny; Editions de L’Aube, 2003. 235 pages.  

 

Le matricule des anges

Magazine indépendant de littérature

 

Le Cimetière des oiseaux (suivi de) Bagdad mon amour de Salah Al Hamdani Aube Editions.

 

Il y aura bientôt trente ans que Salah Al Hamdani vit en exil en France. Il a quitté l’Irak, après un séjour en prison et continue à se battre sans relâche contre les sbires de Saddam Hussein et les nouveaux occupants anglo-américains. Al Hamdani a de la créativité et de l’énergie à revendre tant il se démultiplie sur le front artistique. Acteur, il a joué le rôle d’Enkidou dans Gilgamesh, l’épopée sumérienne ainsi que dans des pièces de Copi. Il est aussi metteur en scène, poète, créateur de deux revues de poésie Craie (1980), Havres (1982) et auteur de plusieurs ouvrages en français et en arabe. Son dernier livre présente trois parties, un recueil de nouvelles Les Cimetières des oiseaux, un recueil de récits La Traversée et de poèmes Bagdad mon amour. Ses écrits au lyrisme sobre évoquent la solitude, les persécutions, une enfance et une adolescence brutale, douloureuse et bien sûr le déracinement et la nostalgie de Bagdad. La très sensible et haletante nouvelle "Le Quarante-quatre" décrit un être complètement démuni qui débarque d’Irak, se retrouve dans le métro parisien avec un papier présentant une adresse dans une langue qu’il ne comprend pas. D’explications inaudibles en hypothétiques déductions agrémentées d’énormément de chance, l’exilé finit par trouver l’homme qu’il cherche. Comment être joyeux lorsqu’on est giflé par la détresse ?

Dominique Aussenac

© Le Matricule des Anges et ses rédacteurs, n° 049, 2004

 

 

Baghdad mon amour de Salah Al Hamdani en anglais ;  Traduit de l’arabe (Irak) en français par l’auteur et Isabelle Lagny. Traduction en anglais à partir du français,  par Sonia Alland.

 

Baghdad mon amour of Salah Al Hamdani's (en anglais); Traduction en anglais par Sonia Alland ; Cover artwork : painting by Ghassan; Curbstone Press, 2008, New York.

 

Baghdad, Mon Amour tells of Salah Al Hamdani's impoverished childhood, his imprisonment in Abu Ghraib under Saddam Hussein, where he learned to read and write poetry, his subsequent exile in France for more than 30 years, and finally his emotional return to Baghdad. The beauty of Al Hamdani's prose and poetry is skillfully captured in Sonia Alland's luminous translation.

 

"Sometimes, very rarely, a poet emerges from the depths of time, emblematic and enigmatic, to embody the horror and the beauty and the compassion and the prophetic clarity so unique to this craft of shaman, as dancer of the broken heart. Such a person is ageless. He is of the company of the ancient ones, the masters. Those who speak directly 'from my heart to your heart.' He speaks of the essential, of the human condition. And we are ashamed. And we weep. Such a man is Salah Al Hamdani. We recognize him. I wish to salute the thin, slightly clothed boy with the torn sandals, and over him an austere sky--from a country where too many child soldiers are buried under the starred flag of the night. I honor the mature, keening exiled poet who now looks at a poor moon in the middle of the night, vibrating to the rhythms of the clouds. May he find peace..."

Breyten Breytenbach

Adieu mon tortionnaire, de Salah Al Hamdani. Traduit de l’arabe (Irak) par l’auteur avec Isabelle Lagny.

Editions Le Temps des cerises, 126 pages, 13 euros.

 

Mémoire cruelle d’un exilé involontaire

L’Humanité le 13 Mars 2014

 

Extrait :

L’irakien Salah Al Hamdani, qui a connu la prison et la torture sous Saddam Hussein, vit en France. Il raconte.

Il est né à Bagdad (Irak) en 1951, dans un des quartiers les plus populaires de la vieille ville. Vivent là des familles pauvres, kurdes pour la plupart, ainsi que des Arabes du Sud qui ont quitté leur campagne. Au sortir de l’enfance, Salah Al Hamdani est ouvrier, puis il s’engage dans l’armée. Du fait du parti Baas qui persécute le peuple kurde via les militaires, il est jeté en prison et torturé. Il en réchappe et s’exile en France.

 

Cela s’ouvre sur le souvenir cuisant du rasoir qui fit de l’auteur un homme par la circoncision. Dans les premières pages, il se console dans l’évocation d’une enfance aux pieds nus. On se dit que n’est pas loin Camus que Salah Al Hamdani admire. Pour lui, cette fois, l’écriture a pour but essentiel de recomposer une famille couchée sur le papier. Le récit s’efforce au regard froid sauf lorsque le chagrin l’emporte. Il prend alors l’allure d’un cauchemar sans cesse revécu. L’exil, c’est aussi le remords marqué du sceau de l’insomnie. « Je ne cessai de me retourner toute la nuit comme on feuillette un livre à l’infini. » Un épisode jette une lueur absurde sur ces années vides. La chute de Saddam Hussein entraîne avec elle la fin du sens héroïque de l’exil. « Plus l’exil se prolonge, plus la vie de l’exilé semble factice. » Il faut alors le vivre « sans bourreau, sans murs, ni cellule, ni cachot, je me sens orphelin de mon tortionnaire ».

M. S. L’Humanité le 13 Mars 2014

http://www.letempsdescerises.net/

 

Romans, nouvelles et récits de Salah Al Hamdani 

 

Adieu mon tortionnaire

Le Cimetière des oiseaux 

Le Retour à Bagdad

Baghdad mon amour (en anglais, traduit de français par Sonia Alland)

 

 

Traduit de l’arabe (Irak) par l’auteur avec Isabelle Lagny

Ouvrage épuisé
Ouvrage épuisé

Le destin ressemble à ces nuits entières

oubliées dans l’encrier... Salah Al Hamdani

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